exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Réflexion sur les notions de prévoyance, de survivalisme, et la façon d'en parler à son entourage.
joelpenicaud
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exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par joelpenicaud » jeu. févr. 05, 2015 5:18 pm

Je reliai dans ma présentation survivalisme et indépendance.
Voici le contre exemple promis.

"Left to his own devices he couldn’t build a toaster. He could just about make a sandwich and that was it."
Mostly Harmless, Douglas Adams, 1992
Voici l'inspiration de Thomas pour son projet de fin d'étude en design. Un homme peu il fabriquer un toaster sans le secours de la technologie du 20 eme siècle ?
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Oui, en trichant beaucoup (j'adore le haut fourneau au micro-onde) et pour la modique somme de 1187.54 £ soit 1 589,06 €. Étonnamment le toaster qui servi de modèle a lui couté 3.99 £.

400 pièces, 100 matériaux différents :
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Mais voici le lien (c'est une vidéo): http://www.ted.com/talks/thomas_thwaites_how_i_built_a_toaster_from_scratch?language=fr

ainsi que quelques copier coller pour les plus pressés :
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Il faut toute une civilisation pour construire un grille-pain. Le designer Thomas Thwaites l'a découvert à ses dépends, en essayant d'en construire un à partir de zéro : extraire du minerai pour faire de l'acier, dériver du plastique à partir de pétrole... il est franchement étonnant qu'il soit allé aussi loin qu'il est allé. Une parabole de notre société intrconnectée, pour les designers comme pour les consommateurs.

[sous titres en français]

0:11 Si nous regardons autour de nous, la majeure partie de ce qui nous entoure a commencé sa vie sous forme de différentes roches et boues enfouies dans le sol en divers endroits du monde. Mais bien sûr, ils ne ressemblent pas à des roches et des boues maintenant ; ils ressemblent à des caméras de télévision, des moniteurs, des micros de radios embêtants. Et donc cette transformation magique c'est à ça que j'essaye d'arriver avec mon projet, que l'on connait désormais comme le Projet Grille-Pain. Et il a aussi été inspiré par cette citation de Douglas Adams. Et c'est une situation tirée du "Guide du voyageur galactique." Et la situation qui est décrite est celle où le héros du livre -- un homme du 20ème siècle -- se retrouve seul sur une planète étrange peuplée seulement de gens technologiquement primitifs. Et en gros il présume que, oui, il va devenir -- ces villageois -- il va devenir leur empereur et transformer leur société avec sa merveilleuse maîtrise de la technologie de la science et des éléments, mais bien sûr il se rend compte que sans le reste de la société humaine, il peut tout juste faire un sandwich, encore moins un grille-pain. Mais il n'avait pas Wikipédia.

1:18 Alors j'ai pensé, bon, Je vais essayé de faire un grille-pain à partir de zéro. Et en travaillant sur cette idée que le grille-pain électrique le moins cher serait aussi le plus simple pour la rétro-ingénierie, je suis allé acheter le grille-pain le moins cher que j'ai pu trouver, je l'ai ramené à la maison et j'étais plutôt désemparé en découvrant qu'à l'intérieur de cet objet, que j'avais acheté pour seulement quatre euros soixante, il y avait 400 pièces différentes faites à partir de plus de 100 matériaux différents. Je n'avais pas le reste de ma vie pour mener à terme ce projet ; J'avais peut-être neuf mois. Alors j'ai pensé, bon, je vais commencer avec cinq matériaux. Et c'était l'acier, le mica, le plastique, le cuivre et le nickel.

1:59 Donc en commençant par l'acier : comment fait-on de l'acier ? Je suis aller frapper à la porte de la Chaire Rio Tinto de l'extraction minérale avancée à l'école royale des mines et j'ai dit : « Comment faites-vous de l'acier ? » Et le Professeur Cilliers a été très gentil et m'a tout expliqué. Et mes souvenirs vagues du cours de science au lycée -- l'acier vient du fer, alors j'ai téléphoné à une mine de fer. Et j'ai dit : « Salut, j'essaye de faire un grille-pain. Est-ce que je peux venir chercher du fer ? » Malheureusement, quand je suis arrivé, Ray est apparu. Il avait mal entendu ce que j'avais dit et pensait que je venais parce que j'essayais de faire une affiche, et donc il n'était pas prêt à m'emmener dans les mines. Mais après l'avoir embêté un peu, j'ai obtenu qu'il le fasse.

2:42 (Vidéo) Ray : C'était de la pierre à chaux. Et elle a été produite par des créatures marines il y a 350 millions d'années dans une atmosphère ensoleillée, agréable et chaude. Quand on étudie la géologie, on peut voir ce qui s'est passé dans le temps. Et il y a eu des changements énormes.

3:12 Thomas Thwaites : Comme vous pouvez le voir, ils avaient mis les décorations de Noël. Et bien sûr, ce n'était plus vraiment une mine en service, parce que, bien que Ray ait travaillé là comme mineur, la mine avait fermé, et avait été réouverte comme une sorte d'attraction touristique, parce que, bien sûr, elle ne peut pas rivaliser à l'échelle des exploitations qui se passent en Amérique du Sud, en Australie, n'importe où. Mais de toute façon, j'ai eu ma valise de minerai de fer et je l'ai trainée pour la ramener à Londres en train, et puis je me suis trouvé devant un problème : Bon, comment transformer cette roche en composants pour grille-pain ?

3:46 Donc je suis retourné voir le professeur Cilliers, et il a dit : « Allez à la bibliothèque. » C'est ce que j'ai fait et j'ai cherché dans les manuels de métallurgie de premier cycle -- totalement inutile pour ce que j'essayais de faire. Parce que, bien sûr, on ne vous dit pas vraiment comment le faire si vous voulez le faire vous-même et que vous n'avez pas de fonderie. Donc j'ai fini par aller à la bibliothèque d'histoire des sciences et j'ai regardé dans ce livre. C'est le premier manuel de métallurgie écrit en Occident, au moins. Et là vous pouvez voir que la gravure est en gros ce que j'ai fini par faire. Mais au lieu d'un soufflet, j'ai utilisé un souffleur de feuilles. (Rires) Et un fait récurrent tout au long de ce projet. c'était que plus l'échelle à laquelle on voulait travailler était petite, plus il fallait remonter loin dans le temps. Et donc c'est après une journée et environ la moitié d'une nuit passées à fondre ce fer. J'ai tiré cette matière et ce n'était pas du fer. Mais heureusement, j'ai trouvé un brevet en ligne pour des fours industriels qui utilisent des micro-ondes. Et 30 minutes à pleine puissance, et j'étais en mesure de mener à terme le processus.

4:53 Et donc mon prochain -- (Applaudissements) Ce que j'ai ensuite essayé d'obtenir, c'était du cuivre. Là encore, cette mine avait été la plus grande mine de cuivre du monde. Elle ne l'est plus. mais j'ai trouvé un professeur de géologie à la retraite pour m'y faire descendre. Et il a dit : « D'accord, je vous laisserai prendre de l'eau de la mine. » Et la raison pour laquelle j'étais intéressé par l'eau c'est que l'eau qui passe par les mines devient acide et emporte le métal, en dissolvant les minéraux de la mine. Et un bon exemple en est le Rio Tinto, qui se trouve au Portugal. Comme vous pouvez le voir, il contient vraiment beaucoup de minéraux dissous. À tel point qu'il abrite à présent des bactéries qui aiment vraiment les conditions acides et toxiques. Mais bon, l'eau que j'ai ramenée de l'île d'Anglesey où la mine se trouvait -- il y avait assez de cuivre dedans pour que je puisse mouler les fiches de ma prise électrique métallique.

5:53 Alors ensuite, je suis parti pour l'Écosse pour obtenir du mica. Et le mica est un minerai, qui est un très bon isolant et qui isole très bien l'électricité. C'est moi en train d'obtenir du mica. Et le dernier matériau dont je vais vous parler aujourd'hui est le plastique. Et bien sûr, mon grille pain devait avoir une enveloppe de plastique. Le plastique est une caractéristique essentielle de l'électroménager bon marché. Et donc le plastique vient du pétrole, alors j'ai appelé BP et j'ai passé une bonne demi-heure à essayer de convaincre le responsable des relations publiques de BP que ce serait fantastique pour eux s'ils m'envoyaient par avion sur une plateforme pétrolière et me permettaient de prélever un pichet de pétrole. BP a évidemment plus à penser en ce moment. Mais même à ce moment-là, ils n'étaient pas convaincus et ils ont dit : « D'accord, on vous rappellera » -- et ne l'ont jamais fait. Alors j'ai cherché un autre moyen de faire du plastique. Et vous pouvez en fait faire du plastique à partir d'huiles qui proviennent de plantes, bien sûr, mais aussi d'amidon. Alors voici une tentative de fabrication du plastique à partir d'amidon de pomme de terre. Et pendant un moment ça semblait bien marcher. Je l'ai versé dans le moule, que vous pouvez voir ici, que j'ai fait à partir d'un tronc d'arbre. Et pendant un moment ça semblait bien marcher. mais je l'ai laissé dehors, parce qu'il fallait le laisser dehors pour que ça sèche, et malheureusement je suis revenu et il y avait des escargots en train de manger les bouts de pomme de terre non hydrolysés.

7:15 Alors un peu par désespoir, j'ai décidé que je pouvais penser de manière latérale. Et les géologues ont en fait baptisé -- en fait ils ont débattu pour décider si oui ou non il fallait baptiser -- l'ère dans laquelle nous vivons -- ils débattent pour savoir si oui ou non en faire une nouvelle ère géologique appelée Anthropocène, l'âge de l'Homme. Et c'est parce que les géologues du futur verraient un changement radical dans la couche de roche qui est en train de se déposer. Donc soudain, elle deviendra un peu radioactive à cause de Tchernobyl et les 2 000 et quelques bombes nucléaires qu'on a faites exploser depuis 1945. Et il y a aussi une phase d'extinction -- des fossiles vont disparaitre soudain. Et aussi, j'ai pensé qu'il y aurait des polymères synthétiques, des plastiques, inclus dans la roche.

8:02 Alors j'ai cherché un plastique -- et j'ai décidé que je pourrais creuser dans une roche de cette époque actuelle. Je suis allé à Manchester pour visiter un endroit appelé Axion Recycling. Et ils sont tout au bout de la chaîne des DEEE, c'est la directive européenne pour les déchets électriques et électroniques. Et elle est entrée en vigueur pour essayer de traiter la montagne de trucs qui ne sont fait que pour vivre pendant un temps dans nos maisons et ensuite rejoindre la décharge. Le voici.

8:42 (Musique)

9:43 (Rires)

9:45 Et donc voilà une photo de mon grille-pain (Applaudissements) C'est sans le boîtier. Et le voici sur l'étagère. Merci

10:01 (Applaudissements)

10:05 Bruno Giussani : On m'a dit que vous l'avez branché une fois.

10:07 TT : Oui, je l'ai branché. Je ne sais pas si vous avez pu le voir, mais je ne suis jamais arrivé à fabriquer l'isolation des fils électriques. Kew Gardens a insisté sur le fait que je ne pouvais pas venir et tailler dans leur arbre à caoutchouc. Alors les fils n'ont pas été isolés Et il y avait 240 volts qui passaient dans ces fils de cuivre artisanaux, dans cette prise artisanale. Et pendant environ cinq secondes, le grille-pain a grillé, et puis malheureusement l'élément a en quelque sorte fondu lui-même. Mais je considère que c'est un succès partiel, pour être franc.

10:39 BG : Thomas Thwaites. (TT : Merci.)

[plus sur le site de l'auteur :] http://www.thetoasterproject.org/page2.htm
[encore plus] http://www.thomasthwaites.com/the-toaster-project/
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Vous comprendrez que je ne crois plus que personne ne puisse être totalement indépendant de la société de consommation. :D Mais nous pouvons devenir indépendants du système juste à temps par quelques stocks tampon d'une poignée de jours ou semaines. :geek: (alimentation, eau, énergie)

Reste un exercice saisissant montrant les interconnections nécessaires pour produire un objet si banal.

Souhaitant que ceci vous offre matière à réfléchir...
Joël
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Guillaume
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Re: exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par Guillaume » jeu. févr. 05, 2015 8:56 pm

Sachant qu'au final le grille pain est l'invention sans doute la moins utile dans une maison surtout en rapport avec sa consommation d'énergie :)
Mais le principe est très intéressant ;)
"Evitez d'être un c*nnard" - David Manise.
Vous êtes perdu ?
lien vers la rubrique présentation - mode d'emploi de présentation - lien vers la charte/règlement
Une question à propos du forum ? A poser ici, ne pas m'envoyer de MP, merci ;)

jacqueline73
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Re: exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par jacqueline73 » jeu. févr. 05, 2015 10:39 pm

Mon arrière grand père me faisait les meilleures tartines grillées du monde , sans grille pain. On en avait même jamais vu et on ne savait pas que ça existait. Euh pour quoi faire ? On avait pas de grille non plus.

Il plantait la pointe de son couteau dans la tranche de pain et en tenant le couteau par le bout du manche, pour ne pas se brûler, il approchait la tartine de la braise du foyer de la chaudière ( c'était son job de l'alimenter en bois, pour cuire les patates des cochons ). Un coté, puis l'autre.. Un peu de beurre frais là dessus et quand il est fondu , quel régal. Il était presque centenaire et connaissait ça depuis son enfance.
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Re: exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par Warning » ven. févr. 06, 2015 9:55 am

Autant d'énergie dépensée pour refabriquer un ersatz de la première découverte de l'homme : le feu.
Il y a des personnes qui ne savent pas comment s'occuper ...
--
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jacqueline73
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Re: exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par jacqueline73 » ven. févr. 06, 2015 11:37 am

Puis 400 pièces ( il n' y en a pas autant dans une télé ), ça démontre que le fabricant n'a jamais entendu parler d'optimisation de la fabrication, il y a une technique qui s'appelle "l'analyse de valeur". Ca permet de réduire le coût de la fabrication et de simplifier l'assemblage ( penser au montage démontage), parfois d'améliorer le fonctionnement et d'augmenter la fiabilité.


[url]
http://www.techniques-ingenieur.fr/fich ... leur-0428/[/url]

La (re)conception optimale d’un produit ou service avec la méthode d’analyse de la valeur, présentée par les normes AFNOR NF X50-100, 151 et 152 (cf. outil « Cadre normatif »), se fera donc en cinq étapes.

Pour chaque étape seront précisés les questions posées, les réponses recherchées, les sources de ces informations et les moyens de les collecter, ainsi que des outils aidant à leur collecte et leur analyse.

Étapes :

1 Lancer le projet
2 « À quoi ça sert ? » : analyser les fonctions
3 « Pour quoi ça coûte ? » : analyser les coûts
4 « Changer quoi ? » : rechercher et évaluer idées et voies de solutions
5 Finaliser le projet : choisir une solution et suivre sa réalisation



C 'est Henri Ford qui disait : "tout ce qui n'est pas dans une voiture ne peut pas casser !"

Dans le cadre du survivalisme pour le bricolage on a intérêt à faire simple et solide.

http://michel.jean.free.fr/edit/JM-PMI-AVID/1-JM-PMI-AVID-PremierePartie.htm

Une autre méthode aussi : l' APTE : http://methode-apte.fr/
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nouillechinoise
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Re: exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par nouillechinoise » dim. févr. 08, 2015 1:02 pm

Extrêmement intéressant et amusant au vu du résultat :lol:
En parlant peu, tu entends davantage.

joelpenicaud
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Re: exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par joelpenicaud » dim. févr. 08, 2015 4:07 pm

Je suis content que ça vous fasse réagir.

Je me sens obligé de préciser que c'est le raisonnement qui importe vraiment a mon sens ici. Remplacez le grille pain par n'importe quel objet courant si vous préférez. (jacqueline73 ; un couteau ou une chaudière :D ) Tenez au hasard, un crayon à papier. C'est simple (6 pièces) et certainement utile (plus qu'un grille pain, je vous l'accorde).

Et pourtant.

Voici une vidéo
Et le texte d'origine traduit en Français http://herve.dequengo.free.fr/Read/Read1.htm

Notez que cet argument est pour l'auteur l'occasion de démontrer la supériorité de la dérégulation.
Mais d'un point de vue survivaliste, je vous encourage à tenter l'expérience d'en fabriquer un (du moins en pensée). Ainsi vous conviendrez que cela illustre également notre codépendance envers la société.

Autrement dis, Robinson est un mythe. Personne ne peut être suffisamment érudit, talentueux au point de pouvoir ce passer du reste du monde. Ce que démontrait également pour moi l'histoire du grille pain. En effet, le prix de la chose est 300 fois plus cher que celui du grille pain d'origine. Admettons que c'est à l'image de l'énergie, du temps, bref des ressources allouées à sa fabrication. (et je ne tient PAS compte de la simplification de notre étudiant qui n'a PAS fabriqué les 400 pièces. Tient, ironiquement, lui a fait une analyse de la valeur pour se concentrer sur l'essentiel.) Je persiste à dire qu'en cas de dérèglement durable de notre société, énormément d'objets seront impossibles à fabriquer à l’échelle individuelle.

Nous avons nécessairement besoin des autres.
Ce grille pain m'amène personnellement à cette conclusion.

Mais voici le texte de référence.
Amitiées
Joël Penicaud
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Moi, le crayon

Mon arbre généalogique raconté par Leonard. E. Read

Leonard Read (1898-1983) a fondé en 1946 la FEE. (Foundation for Economic Education) qu’il présida jusqu’à sa mort. «: Moi, le crayon » est son essai le plus connu et fut publié pour la première fois dans le numéro de décembre 1958 de The Freeman. Bien que certains détails de fabrication et de lieux aient changé au cours des quarante dernières années , les principes sont restés les mêmes. [Note de la FEE, qui est le plus vieux think-tank libertarien des États-Unis]

[Milton Friedman (prix Nobel d’économie en 1976), qui a préfacé la brochure de la FEE diffusant ce texte, a utilisé l’exemple du crayon de Leonard Read dans la série télévisée « Free to Choose » et dans le livre (portant le même titre) qui en a été tiré. NdT]



Je suis un crayon noir — le crayon de bois ordinaire que connaissent tous ceux qui savent lire et écrire, garçons, filles et adultes. (Mon nom officiel est « Mongol 482. » Mes nombreux éléments sont assemblés, fabriqués et finis par la Eberhard Faber Pencil Company.)

Ecrire est à la fois ma vocation et mon métier [jeu de mots anglais entre vocation et avocation=métier. NdT] ; c’est tout ce que je fais.

Vous pourriez vous demander pourquoi je devrais écrire une généalogie. Eh bien, pour commencer, mon histoire est intéressante. Et, ensuite, je suis un mystère — plus grand qu’un arbre ou un coucher de soleil, et même qu’un éclair. Mais, malheureusement, ceux qui m’utilisent me considèrent comme faisant partie du décor, comme si je n’étais qu’un simple événement sans antécédents. Cette attitude superficielle me relègue au niveau du banal. C’est un exemple de la grave erreur que l’humanité ne peut pas continuer à commettre trop longtemps sans danger. Car, comme l’a observé le sage G.K. Chersterton, « Nous périssons faute d’émerveillement, et non pas faute de merveilles. [We are perishing for want of wonder, not for want of wonders]. »

Moi, le crayon, aussi simple que je paraisse, je mérite votre émerveillement et votre respect, une affirmation que je vais essayer de prouver. En fait, si vous pouvez me comprendre — non, c’est trop demander à quelqu’un — si vous pouvez prendre conscience du caractère miraculeux que je symbolise, vous pourrez sauver la liberté que l’humanité est si malheureusement en train de perdre. J’ai une profonde leçon à enseigner. Et je peux l’enseigner mieux qu’une automobile, un avion ou un lave-vaisselle parce que — eh bien, parce que je suis en apparence si simple.

Simple ? Et pourtant, pas une seule personne à la surface de cette terre ne sait comment me fabriquer. Ceci semble invraisemblable, non ? Particulièrement quand on se rend compte qu’on produit chaque année un demi milliard de mes semblables aux Etats-Unis.

Prenez-moi et regardez-moi, que voyez-vous ? On ne voit pas grand-chose : il y a du bois, de la laque, la marque imprimée, la mine, un peu de métal et une gomme.
D’innombrables antécédents

Tout comme vous ne pouvez pas remonter votre arbre généalogique très loin, il m’est impossible de nommer et d’expliquer tous mes antécédents. Mais je voudrais en suggérer suffisamment pour bien vous faire comprendre leur richesse et leur complexité.

Mon arbre généalogique commence avec ce qui est bel et bien un arbre : un cèdre de l’espèce qui pousse en Californie du Nord et en Oregon. Réfléchissez maintenant avec attention à toutes les scies, à tous les camions, à toutes les cordes et aux innombrables autres équipements utilisés pour obtenir et transporter les rondins de cèdre vers les voies de chemin de fer. Pensez à toutes les personnes et aux compétences innombrables qui ont participé à leur fabrication : l’extraction du minerai, la fabrication de l’acier et sa transformation en scies, haches et moteurs ; la culture du chanvre et toutes les étapes aboutissant à une corde grosse et lourde ; les campements d’exploitation du bois avec leurs lits et leurs mess, la culture et la cuisine de toute la nourriture. Tiens, un nombre incalculable de milliers de gens ont joué un rôle dans chaque tasse de café que boivent les bûcherons !

Les rondins sont envoyés vers une fabrique à San Leandro, en Californie. Pouvez-vous imaginer les individus qui ont créé les wagons-plateforme, les rails et les locomotives, et ceux qui ont construit et installé les moyens de communication qu’ils supposent. Ces légions font partie de mes antécédents.

Réfléchissez au travail à San Leandro. Les rondins sont coupés en petites lames, de la longueur d’un crayon et d’une épaisseur inférieure à 6 millimètres. Celles-ci sont séchées dans un four et teintées pour la même raison qu’une femme met du rouge sur son visage. Les gens préfèrent que je sois joli, plutôt que d’un blanc pâle. Les lames sont cirées et à nouveau séchées en four. Combien de savoir-faire entrent dans la fabrication des teintes et des fours, ou dans la fourniture de la chaleur, de la lumière et de l’énergie, des courroies, des moteurs et des autres choses que réclame une fabrique ? Des balayeurs de la fabrique parmi mes ancêtres ? Oui, et aussi les hommes qui ont versé le béton du barrage d’une centrale hydraulique de la Pacific Gas and Electric Company qui approvisionne la fabrique en énergie.

N’oubliez pas les ancêtres actuels et lointains qui ont aidé à transporter soixante voitures de lames d’un côté à l’autre du pays.

Une fois dans l’usine à crayons — 4 millions de dollars de machines et de bâtiments, capital entièrement accumulé par des parents à moi — chaque lame se voit donner huit rainures par une machine complexe, après quoi une autre machine place une mine dans une lame sur deux, met de la colle et dispose une autre lame au-dessus — un sandwich à la mine pour ainsi dire. Sept frères et moi sommes mécaniquement taillés dans ce sandwich de bois.

Ma mine elle-même est complexe. Le graphite est extrait à Ceylan. Pensez à ces mineurs, à ceux qui ont fabriqué leurs nombreux outils ou les sacs en papier dans lesquels on transporte le graphite ou encore la ficelle qui permet d’attacher ces sacs, à ceux qui les ont mis à bords des bateaux et à ceux qui ont fabriqué ces bateaux. Même les gardiens de phare le long de la route ont aidé à ma naissance — et aussi les pilotes des ports.

Le graphite est mélangé à de l’argile du Mississipi dont on utilise l’hydroxyde d’ammonium pour le processus d’affinage. Puis des agents mouillants sont ajoutés, comme du suif sulfoné — des graisses animales ayant réagi avec de l’acide sulfurique. Après être passé au travers de nombreuses machines, le mélange se présente finalement comme une extrusion sans fin — comme pour une machine à saucisses — découpée à la dimension voulue, séchée et cuite pendant plusieurs heures à environ 1000 °C. Pour accroître leur résistance et leur aspect lisse, les mines sont alors traitées avec un mélange chaud qui comprend de la cire du Mexique, de la paraffine et des graisses naturelles hydrogénées.

Mon cèdre reçoit six couches de laque. Connaissez-vous tous les ingrédients de la laque ? Qui penserait que les éleveurs de graine de ricin et les raffineurs d’huile de ricin en font partie ? C’est le cas. Tiens, même les processus qui permettent d’obtenir la belle couleur jaune de la laque nécessitent les savoir-faire de plus de personnes que l’on n’en pourrait dénombrer !

Regardez la marque. C’est un film formé en chauffant du charbon noir mélangé avec des résines. Comment faites-vous pour obtenir des résines et, je vous le demande, qu’est ce que le charbon noir ?

Mon bout de métal — la virole — est en laiton. Pensez à toutes les personnes qui extraient le zinc et le cuivre et ceux qui savent faire une feuille brillante de laiton à partir de ces produits de la nature. Ces anneaux noirs sur ma virole sont en nickel noir. Qu’est-ce donc, et comment est-il mis en place ? L’histoire complète qui explique pourquoi le centre de ma virole n’est pas recouvert de nickel prendrait des pages.

Il y a ensuite mon plus grand triomphe, inélégamment appelé dans le métier « la bonde » [the plug], la partie que l’homme utilise pour effacer les erreurs qu’il commet avec moi. C’est un élément appelé « factice » qui permet d’effacer. Il s’agit d’un produit semblable à du caoutchouc fabriqué en faisant réagir de l’huile de colza des Indes néerlandaises avec du chlorure de soufre. Le caoutchouc, contrairement à l’idée courante, ne sert que pour assurer la liaison. Il y a ensuite de nombreux agents de vulcanisation et d’accélération. La pierre ponce vient d’Italie ; et le pigment qui donne sa couleur à la gomme est du sulfure de cadmium.
Personne ne sait

Quelqu’un veut-il remettre en doute mon affirmation selon laquelle pas une seule personne au monde ne saurait comment me fabriquer ?

En fait, des millions d’êtres humains participent à ma création, et aucun d’entre eux n’en connaît plus que quelques autres. Bon ! Vous allez dire que j’exagère en disant que ma création est liée au cueilleur de baies de café dans le lointain Brésil et aux cultivateurs de nourriture, que c’est une position extrême. Je réitère mon affirmation. Il n’y a pas une personne, parmi ces millions, y compris le président de l’entreprise de crayons, qui contribue plus qu’un tout petit peu, de façon infinitésimale, aux compétences requises. Du point de vue des savoir-faire, la seule différence entre le mineur qui extrait le graphite à Ceylan et le bûcheron de l’Oregon est le type de compétence. On ne peut se passer ni du mineur ni du bûcheron, pas plus que du chimiste de la fabrique ou de l’ouvrier du champ de pétrole — la paraffine étant un dérivé du pétrole.

Voilà un fait étonnant : ni l’ouvrier du champ de pétrole, ni le chimiste, ni le mineur extrayant le graphite ou l’argile, ni aucun de ceux qui équipent ou fabriquent les bateaux, les trains ou les camions, ni aucun de ceux qui font fonctionner la machine assurant le moletage de mon bout de métal, ni le président de la compagnie ne remplissent leur tâches parce qu’ils me veulent. Chacun me désire moins, peut-être, qu’un écolier. En fait, il y en a dans cette multitude qui n’ont jamais vu de crayon et qui ne saurait pas s’en servir. Leur motivation est autre chose que moi. C’est peut-être quelque chose comme ça : chacun parmi ces millions voit qu’il peut ainsi échanger son petit savoir-faire contre des biens et des services qu’il désire ou dont il a besoin. Je peux ou non faire partie de ces articles.
Pas d’esprit organisateur

Il y a quelque chose d’encore plus étonnant : c’est l’absence d’un esprit supérieur, de quelqu’un qui dicte ou dirige énergiquement les innombrables actions qui conduisent à mon existence. On ne peut pas trouver trace d’une telle personne. A la place, nous trouvons le travail de la Main Invisible. C’est le mystère auquel je me référais plus tôt.

Il a été dit que « seul Dieu pouvait créer un arbre. » Pourquoi sommes-nous d’accord avec ça ? N’est-ce pas parce que nous comprenons que nous ne pourrions pas en fabriquer un nous-mêmes ? En fait, pouvons-nous décrire un arbre ? Non, sauf dans des termes superficiels. Nous pouvons dire, par exemple, qu’une certaine configuration moléculaire se présente comme un arbre. Mais quel esprit humain pourrait même noter, sans même parler de diriger, les changements constants des molécules qui se produisent au cours de la vie d’un arbre ? Un tel exploit est totalement impensable !

Moi, le crayon, je suis une combinaison de miracles : un arbre, du zinc, du cuivre, du graphite, etc. Mais, à ces miracles qui existent dans la Nature, s’ajoute un miracle encore plus extraordinaire : la configuration des énergies créatrices humaines — des millions de tout petits savoir-faire se réunissant naturellement et spontanément en réponse à la nécessité et au désir humains et en l’absence de tout esprit organisateur ! Comme seul Dieu peut créer un arbre, j’insiste pour dire que seul Dieu pourrait me créer. L’homme ne peut pas plus diriger ces millions de savoir-faire pour me donner vie qu’il ne peut assembler les molécules pour faire un arbre.

Tout ceci est ce que je veux dire quand j’écris : « Si vous pouvez prendre conscience du caractère miraculeux que je symbolise, vous pouvez aider à sauver la liberté que l’humanité est si malheureusement en train de perdre. » Car si l’on se rend compte que ces savoir-faire s’organiseront naturellement, oui, automatiquement en modèles créateurs et productifs permettant de répondre aux nécessités et aux désirs humains — c’est-à-dire en l’absence de gouvernement ou de tout autre esprit organisateur coercitif — alors on possède un ingrédient absolument essentiel de la liberté : une foi dans les gens libres. La liberté est impossible sans cette foi.

Une fois que le gouvernement a un monopole de l’activité créatrice, comme c’est le cas, par exemple, pour la livraison du courrier, la plupart des individus vont croire que le courrier ne pourrait pas être efficacement distribué par des gens libres. En voici la raison :chacun reconnaît qu’il ne sait pas lui-même toutes les choses qui impactent la livraison du courrier. Il reconnaît aussi qu’aucun autre individu ne pourrait le savoir. Ces suppositions sont correctes. Aucune personne ne possède assez de connaissances pour s’acquitter de la distribution du courrier d’un pays, tout comme personne ne possède assez de connaissances pour fabriquer un crayon. Or, sans la foi dans les gens libre — dans l’ignorance que, naturellement et miraculeusement, des millions de petits savoir-faire se formeraient et coopéreraient pour satisfaire ce besoin — l’individu ne peut s’empêcher d’arriver à la conclusion erronée que le courrier ne peut être distribué que grâce à l’esprit organisateur d’un gouvernement.
Des témoignages à la pelle

Si moi, le crayon, j’étais le seul point qui témoigne de ce que les hommes et les femmes peuvent faire lorsqu’ils sont libres d’essayer, alors les gens de peu de foi auraient des arguments. Il y a cependant pléthore de témoignages ; ils sont partout autour de nous. La livraison du courrier est très simple comparée, par exemple, à la fabrication d’une automobile, d’une calculatrice, d’une moissonneuse-batteuse, d’une machine de moulage ou de dizaines de milliers d’autres choses. La livraison ? Eh bien, dans le domaine où les gens ont été libres de distribuer la voix humaine autour de la terre en moins d’une seconde, ils fournissent visuellement et avec le mouvement dans le foyer de tout un chacun un événement lorsqu’il se produit. Ils permettent à 150 passagers de voyager de Seattle à Baltimore en moins de quatre heures. Ils fournissent du gaz du Texas à un fourneau de New York pour des prix très bas et sans subventions. Ils livrent un quart de la production de pétrole du Golfe persique sur notre Côte Est — la moitié d’un tour du monde — pour moins cher que le gouvernement ne facture la livraison d’une lettre de 30 grammes pour l’autre côté de la rue.

La leçon que je veux enseigner est la suivante : laissez libres toutes les énergies créatrices. Organisez juste la société pour qu’elle agisse en harmonie avec cette leçon. Que l’appareil légal de la société élimine tous les obstacles du mieux qu’il le peut. Permettez à tous ces savoirs créateurs de se répandre librement. Ayez foi dans les hommes et les femmes libres qui répondent à la main invisible. Cette foi sera fortifiée. Moi, le crayon, aussi simple que je sois, offre le miracle de ma création comme témoignage de cette foi pratique, pratique comme le soleil, la pluie, un cèdre ou la bonne terre.
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Re: exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par Guillaume » dim. févr. 08, 2015 4:23 pm

joelpenicaud a écrit :Autrement dis, Robinson est un mythe. Personne ne peut être suffisamment érudit, talentueux au point de pouvoir ce passer du reste du monde.

Aussi étonnant que ça puisse paraître l'homme précède la société et les cas de mecs qui ont vécu en hermite, coupé du monde, ne sont pas si rares que ça.
Le mythe c'est surtout de croire qu'on est capable d'assurer la création et la distribution de tout le browl de la société de consommation si jamais un rouage de la chaine ne fonctionne plus.
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Re: exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par joelpenicaud » lun. févr. 09, 2015 7:43 am

Je ne suis pas d'accord. Je crois que l'homme est par nature un être social.

Mais je suis d'accord pour dire que certains arrivent à survivre seul. Même si le héros passe au bord du suicide malgré son Wilson (ballon de volley). [Soucieux de réalisme, le scénariste Chuck Noland a décidé de jouer les échoués volontaires pendant quelques temps sur une île proche de la Mer de Cortes (au large du Mexique). A son retour, il a déclaré que «livré à moi-même, j'appris à localiser une source d'eau potable, à utiliser du silex en guise de couteau, etc. Autant d'expériences basiques qui furent ultérieurement développées et incorporées au script.»] source : allociné

Ceci étant acté, si on s'en tient à la règle de trois, nous ne saurions survivre plus trois mois sans contact humain. http://www.davidmanise.com/textes/piorites.php

Je suis également d'accord avec les propos de Guillaume "Le mythe c'est surtout de croire qu'on est capable d'assurer la création et la distribution de tout le browl de la société de consommation si jamais un rouage de la chaine ne fonctionne plus." Mais je vais plus loin, même la création de l'essentiel est hors de la portée d'une personne seule. (pas un grille pain, mettons une couverture)

D’où la nécessitée de stock tampon d'objets manufacturés en cas de dysfonctionnement de la société. Adaptez en fonction de la durée d'autonomie souhaitée et de l'espérance de vie des objets.

Ce qui était l'idée d'origine de ce sujet : attirer l'attention sur la complexité de ce qui nous entoure. Ainsi que sur les ressources à mobiliser (matières premières, compétences, temps) pour les fabriquer. Qui plus est pour un résultat discutable :lol: .

Bien à vous, Joël.

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Guillaume
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Re: exercice d'indépendance : le projet grille-pain

Message par Guillaume » mar. févr. 10, 2015 5:56 pm

La règle de 3 c'est pas une science exacte, hein, c'est pour illustrer des besoins.
Y a des mecs qui sont restés seuls des années et parfaitement en vie.
Pour ce qui est de la société on va pas jouer sur les mots : une douzaines d'hommes préhistoriques c'est peut être des rapports sociaux mais c'est pas ce qu'on appelle communément "la société".
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